Retraite : faut-il encore chercher la performance… ou simplement protéger ce que l'on a construit ?

Pendant toute votre vie active, votre patrimoine avait un objectif : grandir.

À la retraite, cet objectif change.

Bien sûr, personne ne refusera quelques points de rendement supplémentaires. Mais la priorité n'est plus la même. Désormais, il s'agit surtout de préserver votre capital, de maintenir votre niveau de vie et de conserver une certaine sérénité face aux aléas économiques.

C'est une nuance essentielle, et pourtant elle est souvent oubliée.

Beaucoup de stratégies d'investissement sont conçues pour des personnes qui disposent encore de vingt ou trente années de revenus devant elles. Ce n'est généralement plus le cas d'un retraité.


Le temps n'est plus votre principal allié

On entend souvent dire que les marchés financiers finissent toujours par remonter.

Historiquement, cette affirmation est globalement vraie.

Mais elle comporte une limite importante : encore faut-il avoir le temps d'attendre.

Lorsqu'on travaille encore, une baisse des marchés est souvent compensée par de nouveaux revenus, une capacité d'épargne régulière et plusieurs décennies devant soi.

À la retraite, la situation est différente.

Les retraits destinés à financer votre train de vie continuent, même lorsque les marchés traversent une période difficile. C'est précisément ce phénomène qui peut fragiliser un patrimoine pourtant conséquent.


L'objectif n'est pas d'avoir raison sur l'avenir

Personne ne sait réellement ce que nous réserve l'économie.

Inflation durable ? Retour de la croissance ? Récession ? Baisse des taux ? Hausse des taux ?

Même les meilleurs économistes se trompent régulièrement.

Construire tout son patrimoine autour d'un scénario unique est donc rarement une bonne idée.

Il existe une approche beaucoup plus simple : accepter que l'on ne sait pas de quoi demain sera fait et construire un patrimoine capable de résister à plusieurs environnements économiques.


Une répartition étonnamment simple

Il y a plusieurs décennies, l'économiste Harry Browne a popularisé ce que l'on appelle aujourd'hui le portefeuille permanent.

Son principe est extrêmement simple :

  • 25 % d'actions

  • 25 % d'obligations d'État de qualité

  • 25 % d'or

  • 25 % de liquidités ou de placements monétaires

L'idée n'est pas de trouver l'actif qui fera la meilleure performance.

L'idée est qu'à tout moment, une partie du patrimoine profite généralement de la situation économique pendant qu'une autre protège le portefeuille.

Autrement dit, on ne cherche plus à prédire l'avenir. On s'y prépare.

 

Si vous souhaitez aller plus loin sur les erreurs patrimoniales les plus fréquentes — dont celle de tout concentrer dans un seul système — j'ai préparé un guide gratuit sur le sujet.


Chaque actif joue un rôle bien précis

Les actions permettent de profiter de la croissance économique sur le long terme.

Les obligations ont souvent tendance à mieux se comporter lorsque l'économie ralentit et que les banques centrales baissent leurs taux.

L'or constitue une protection intéressante face à certaines périodes d'inflation, de perte de confiance dans les monnaies ou d'incertitudes géopolitiques.

Enfin, les liquidités apportent de la stabilité, permettent de faire face aux dépenses imprévues et offrent la possibilité d'investir lorsque les marchés deviennent plus attractifs.

Aucun de ces actifs n'est parfait. En revanche, leur complémentarité crée un ensemble beaucoup plus robuste.


Le véritable intérêt de l'or

En France, l'or reste souvent mal compris. On le présente parfois comme un investissement spéculatif.

En réalité, son rôle est très différent.

L'or n'a pas vocation à produire des revenus. Il agit davantage comme une assurance. Comme une ceinture de sécurité dans une voiture, on espère ne jamais avoir besoin de lui.

Mais lorsqu'un choc économique survient, il peut contribuer à limiter les dégâts et à stabiliser l'ensemble du patrimoine.

C'est précisément pour cette raison que de nombreux investisseurs institutionnels continuent d'en détenir.


Une stratégie qui demande très peu de gestion

L'un des principaux avantages de cette approche est sa simplicité.

Une fois par an, il suffit de rééquilibrer les différentes classes d'actifs. Concrètement, cela consiste à vendre une petite partie de ce qui a fortement progressé afin de renforcer les actifs qui ont davantage baissé.

Cette discipline permet naturellement d'acheter relativement bas et de vendre relativement haut, sans chercher à anticiper les marchés.

Pas besoin de suivre l'actualité économique chaque matin. Quelques heures par an suffisent.


Ce portefeuille n'est pas conçu pour battre les marchés

Soyons clairs.

Si votre objectif est d'obtenir le rendement maximal sur trente ou quarante ans, il existe probablement des allocations plus performantes. En revanche, elles seront aussi beaucoup plus volatiles.

Or, lorsqu'on est retraité, la recherche de la performance absolue n'est pas toujours le meilleur objectif.

Limiter les fortes baisses peut parfois être tout aussi important que rechercher quelques points de rendement supplémentaires.

Dormir sereinement a aussi une valeur.


Une bonne allocation est celle que l'on est capable de conserver

L'une des principales causes d'échec en matière d'investissement n'est pas la qualité des placements. C'est le comportement de l'investisseur.

Lorsque les marchés chutent fortement, beaucoup vendent au mauvais moment, par inquiétude ou par manque de visibilité.

À l'inverse, un portefeuille plus équilibré est souvent plus facile à conserver dans les périodes difficiles. Et une stratégie que l'on applique pendant vingt ans vaut généralement mieux qu'une excellente stratégie abandonnée après deux années compliquées.


Trois questions à vous poser

Prenez quelques minutes pour regarder votre patrimoine.

  • Votre épargne dépend-elle principalement d'une seule classe d'actifs ?

  • Seriez-vous capable de supporter sereinement une baisse de 30 % de vos placements financiers ?

  • Disposez-vous d'actifs qui se comporteraient différemment si l'économie changeait brutalement de direction ?

Ces questions sont souvent plus importantes que la recherche du meilleur placement du moment.

Car à la retraite, le véritable luxe n'est pas de battre les marchés.

C'est de pouvoir profiter pleinement de son patrimoine, sans vivre au rythme des fluctuations de la Bourse.

 

Vous approchez de la retraite ou vous êtes déjà retraité et vous vous interrogez sur la structure de votre patrimoine ? C'est précisément ce type de réflexion que j'aborde lors d'un appel découverte gratuit

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